DOUZIEME DISCOURS D’OUVERTURE.
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le progrès dans l’ordre économique et le progrès intel-lectuel et moral. Tout récemment l’Europe a eu devantles yeux un beau spectacle qui a donné de ce que j’a-vance ici une démonstration frappante. Les produits del’industrie de tous les peuples du monde ont été réunis àLondres, dans une solennité qui laissera une trace pro-fonde dans l’histoire. Cette Exposition universelle aattiré l’attention de quiconque a l’esprit occupé desgrandes questions qui intéressent la civilisation, de qui-conque est touché de ce qui honore le genre humain, dece qui tend à resserrer dans un même faisceau les peuplesautrefois ennemis. Elle mérite de nous laisser, à nousFrançais, un immortel souvenir, car notre patrie y abrillé au delà même de ses espérances. Si quelque choseen est ressorti clairement, c’est la confirmation de lathèse soutenue ici, que l’avancement industriel des na-tions est complètement subordonné à l’avancement deleurs idées générales et de leurs sentiments généraux,ou, en d’autres termes, de leur savoir, de leur raison etde leur moralité.
Au milieu de cette immense Exposition, l’observateurreconnaissait bientôt que, pour ne pas s’y perdre commedans un dédale, il fallait réunir les peuples divers en uncertain nombre de groupes, et que le seul mode efficace,utile, de composer ces groupes industriels consistait àprendre pour base, quoi ? les croyances religieuses. Achacune des grandes divisions religieuses entre lesquellesse répartit le genre humain correspond en effet une ci-vilisation particulière qui a son ordre d’idées et de sen-timents, un mode d’existence etd’activité industrielle quilui est propre. Ainsi un premier groupe industriel estformé des peuples chrétiens. A l’Exposition de Londresc’était le premier de tous, parce que la doctrine chré-tienne et le sentiment chrétien sont incomparablement