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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DOUZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

Mais voici une preuve plus manifeste de ce que j’aiappelé l’unité de l’atelier européen. On pourrait citeraujourd’hui un assez grand nombre de produits manu-facturés à la fabrication desquels ont concouru plusieurspeuples. Ainsi, dans l’exposition de la ville de Glasgow,j’aperçois des tartans dont la laine vient de l’Australie.Importée ainsi des antipodes dans les docks de Londres,cette laine a été filée à Reims, et c’est de là qu’elle estvenue se faire tisser dans la capitale manufacturière del’Ecosse. Voici maintenant un article de ce qu’on appellela broderie de Paris : le coton dont elle est faite a étérécolté en partie dans la Louisiane, en partie à Suratedans l’Inde. De là il a été filé à Manchester ou à Mul-house. Tissé ensuite èn France, il a été brodé dans lecanton d’Appenzell, en Suisse, sur des dessins venus de'Paris, et il sera mis en vente dans un magasin de Berlin.

Par le progrès général des idées, l’opinion des hom-mes éclairés, transformée déjà en loi de l’Etat chez lepeuple le plus riche de l’Europe, condamne aujourd’hui,comme un sophisme funeste, la doctrine qui, pour em-pêcher les échanges internationaux, représente commeun tribut payé à l’étranger l’importation d’une mar-chandise quelconque produite au dehors.

Du moment que l’étranger est un homme que j’aicessé de haïr, et que, au contraire, je l’estime, le prismeque les haines internationales me tenaient devant lesyeux tombe, et j’aperçois les choses sous des couleurstoutes différentes, sous leurs vraies couleurs. Ma raisonse refuse à comprendre que l’échange, qui était réputéavantageux aux deux parties contractantes quand jel’accomplissais avec une personne du même pays quemoi, se convertisse en un tribut de ma part du momentqu’un étranger se substitue au Français avec lequel jetraitais. Comment peut-il y avoir en France un tributaire

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