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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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PREMIÈRE LEÇON. 299

savez que rien n’est plus commun que les échanges degrains entre la mer Noire ou la Baltique et l’Europe.Tous n’ignorez pas qu’un échange non moins réguliers’opère entre les deux continents : une partie du blé quise consomme en Angleterre a mûri dans les champs duCanada ou de l’État de New-York, ou de l’Ohio. Cettefacilité de conservation, qui caractérise le blé, s’y re-trouve après la mouture. La farine qu’on mange auxcolonies arrive fréquemment des environs de Paris parle Havre ou du Languedoc par Bordeaux. Celle qu’onpétrit à Lima sort souvent des moulins des contréesque baignent le lac Erié ou le lac Michigan, à 250 ou400 lieues de la côte, a été transportée de la région deslacs à New-York, a descendu de là jusqu’à l’extrémité del’Amérique du Sud, a doublé le cap Horn, et a remontéla côte sur une distance d’environ 500 lieues.

Je dis, Messieurs, qu’à cause de cette double qualité,le blé a été l’indispensable auxiliaire de la civilisation.Lorsqu’on étudie les progrès de celle-ci, on voit eneffet qu’elle a toujours marché de concert avec la cul-ture de cette graminée. Les Égyptiens et les Chaldéens,-qui ont été dans notre partie du globe les premierspeuples civilisés, sont aussi les premiers qui aient possédél’usage du blé. Dans la vieille Europe la civilisationvint, avec le blé, à la suite des émigrations égyptiennesou phéniciennes. Partout où l’on voit dans l’histoires’introduire la culture du blé, on voit aussi la civilisa-tion s’épanouir.

Il existe, dans une autre partie de notre vieux conti-nent une civilisation fort ancienne, différente de la nôtre,mais qui à quelques égards ne laisse pas que d’être fortremarquable, je veux parler de l’Orient. Or, l’Orient a leriz comme l’Occident a le blé. Le riz a beaucoup d’ana-logie avec le blé, au moins quant aux qualités que nous