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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Divers métaux étaient usités dans les sociétés antiques,mais il importe de remarquer que d’abord le fer ne figurepas dans le nombre. Le premier métal que l’homme aitplié à son service dans ces époques reculées est le cuivre ;cependant, il paraît qu’auparavant il connaissait l’or etl’argent. C’est une circonstance qui, au premier abord,semble singulière : elle s’explique cependant bien sim-plement ; c’est que l’or presque toujours et l’argent quel-quefois se trouvent dans la nature à l’état natif, c’est-à-dire à l’état métallique, tel à peu près que dans nos mon-naies ou nos bijoux, sinon plus purs. Quant au cuivre,il se trouve pareillement sur une grande échelle à l’étatnatif dans certaines contrées, et dans d’autres, il existeà l’état d’oxyde ou de carbonate, qui sont très-facilesà convertir en métal (1 ). Les oxydes et les carbonates defer, mêlés à des matières terreuses, n’ont pas l’aspectqui attire l’attention ; on dirait, sauf la pesanteur, despierres ordinaires. Ils sont beaucoup plus difficiles àtraiter que les minerais qui fournissent les métaux pré-cieux ou le cuivre ; le fer exige, pour s’agglomérer àl’état métallique, une température bien supérieure àcelle qui suffit à ces derniers.
En énonçant que les hommes, pendant les premiersâges de la civilisation antique, n’employaient pas le fer, jen’avance rien dont la preuve ne se rencontre dans tous lesmonuments de l’antiquité. Hésiode et Lucrèce le disehtformellement. Tous les historiens font foi que les armesétaient alors non de fer, mais d’airain, c’est-à-dire decuivre allié à une petite proportion d’étain. Homère etVirgile, quand ils parlent de la matière dont sont faitesles armes des guerriers, disent pareillement l’airain. Lefer n’était cependant pas inconnu après un certain temps :
(I) Il suffit de mettre du carbonate ou de l’oxyde de cuivre en contactavec du charbon pour que le métal, qui est très-fusible, coule aussitôt.