DEUXIÈME LEÇON. 315
tance,’ la puissance productive de l’homme dans unemême industrie, on voit que cette puissance s’est accruedans le rapport de 1 à 25 ou à 30; en d’autres termes,qu’elle est aujourd'hui' vingt-cinq ou trente fois plusforte que dans le passé d’il y a six cents ans.
Certes, ce résultat est beau : et cependant il nedonnequ’une idée imparfaite de l’accroissement réel de lapuissance productive aussi bien que des progrès accom-plis dans l’importante industrie du fer. En effet, les for-gerons d’autrefois, pour arriver à la faible productionque nous savons, n’usaient que du minerai le plus puf :leurs méthodes ne permettaient guère qu’ils en em-ployassent d’autre. Leurs scories, c’est-à-dire le résidude leurs opérations, que l’on retrouve encore dans lesforêts où ils travaillaient, sont aussi riches que de bonsminerais. En second lieu, par cela même qu’on n’em-ployait que du minerai d’une pureté exceptionnelle, lafabrication était alors fort simple : on obtenait du fer dupremier coup. Aujourd’hui, au lieu d’une seule opéra-tion, l’œuvre en comprend cinq ou six (1). Cela tientd’abord à ce qu’on se sert de minerai beaucoup moinsriche ; en second lieu cette multiplicité d’opérations estdevenue nécessaire, parce que d’une part on veut avecraison avoir des produits plus homogènes que ceux dont
(1) Le procédé d’autrefois était fort simple : il suffisait de jeter du mi-nerai dans un fourneau avec du charbon: au bout de trois ou quatre heureson obtenait un masset , qu’on mettait sous le marteau et qu’on transfor-mait ainsi en une barre de fer. Aujourd’hui, il faut d’abord griller leminerai, ensuite le fondre dans des hauts-fourneaux, ce qui donne lafonte; quand on a la fonte, on la convertit en fne-metal par le mazéage.La fonte mazée est affinée dans des fours à puddler, au sortir desquelselle est laminée. Enfin, après ces cinq opérations, il faut réchauffer lefer ainsi obtenu dans un autre four et le corroyer en paquets, pour avoirdu fer marchand. Dans beaucoup de cas cependant on se dispense dugrillage et du mazéage.