TROISIÈME LEÇON. 341
comparaison qu’il trace entre la puissance productive del’agriculture française et celle de l’agriculture anglaise :
Mille familles agricoles produisent annuellement sui-vant lui :
En Angleterre. En France. Différence.
Chevaux.
273
65
4 fois moins.
Race bovine..
1,230
203
6 —
Bêtes à laine..
11,000
1,043
10 —
Et il ne faut pas croire que ce que l’Angleterre obtienten plus d’un côté, elle l’ait en moins de l’autre. Le mêmeauteur estime qu’à l’époque à laquelle se rapportent cesrenseignements, les mille familles agricoles françaisesdonnaient seulement 40,000 hectolitres de grains, tandisque les mille familles anglaises en produisaient 56,000.
Enfin, pour apprécier tout ce qu’il y a de concluantdans cette comparaison, et pour être bien autorisé à enj induire que notre production agricole est beaucoup
moindre qu’elle ne pourrait être, il importe de remar-quer que la superficie qu’exploitent mille familles agri-coles est à peu de chose près la même en France et enAngleterre. Dans la partie des royaumes britanniquesoù l’agriculture est la plus florissante, c’est-à-dire dansl’Angleterre proprement dite et le pays de Galles, oncompte vingt-huit cultivateurs par kilomètre carré ( ils’agit de la population agricole en masse, hommes,femmes, enfants), d’après le recensement opéré dans leRoyaume-Uni en 1831. Selon le recensement fait enFrance vers la même époque, on trouve dans ce dernierpays, par kilomètre carré, non pas exactement vingt-) huit cultivateurs, mais un nombre qui en diffère assez
peu, celui de trente-trois (1). Ainsi, à un sixième près,
(f) En estimant la population agricole, comme le fait M. Passy dansson mémoire sur le département de l’Eure, d’après le nombre des jeunesgens qui, lors du recrutement, déclarent être des cultivateurs.