3 U COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
ne peut donner que fort peu de bétail. Le code civil, quiest la cause de la division du'sol par la loi de l’égal par-tage, me semble pourtant sur ce point être placé au-des-sus de toute atteinte. Reste donc pour combattre la ten-dance à la division de la propriété territoriale et de laculture, la tendance à l’agglomération par acquisitionsuccessive; c’est une force qui n’est pas à dédaigner, carquel est le propriétaire qui ne s’arrondit pas autant qu’illui est possible ? Cependant, tel est l’amour de la terrechez les paysans qu’il faut s’attendre à voir indéfinimentune partie considérable du territoire français vouée à unmorcellement excessif.
On ne peut méconnaître pourtant qu’il y a d’autrespropriétés qui sont plus productives que des parcellesde terre. Telles sont diverses formes de la propriétémobilière. Il est à croire qu’avec le temps, si le respectpour les rentes sur l’État, par exemple, s’affermit dansl’opinion et s’impose au gouvernement, ou verra s’amoin-drir le prestige exclusif qui entoure la propriété territo-riale. Ce sera une raison pour que certains détenteurs desmenues parcelles de terre qu’on peut apercevoir partout,les cèdent à d’autres propriétaires pour acquérir de larente (1).
Mais il existe bien d’autres raisons de l’infériorité denotre agriculture. Il faut convenir que jusqu’ici il a régnédans le pays une grande incurie à l’égard de ses intérêts.
(1) A la suite de la révolution de 1848, on sait qu’un nombre très-con-sidéi able d'ouvriers des villes sont entrés dans la rente en conséquencede la liquidation des caisses d’épargne, et il est remarquable qu’ils y soientrestés. Le nombre des rentiers sur l’État ou au moins celui des inscrip-tions, qui au 1 er janvier 1848 était de 291,808, s’élevait au 1 er janvier1849 à 747,744, et au 1 er janvier 1850 à 846,330. Au 1 er janvier 1853,c’était tombé à 725,190; mais un an après on était remonté à 785,243.On a vu par l’emprunt de 1854 que cette valeur avait la sympathie popu-laire. Un mouvement pareil s’opère en faveur des actions industrielles,et il est vraisemblable qu’il s’étendra. (Note de la présente édition.)