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TROISIÈME LEÇON.
On l’appelle le premier des arts dans les haranguesofficielles ; on ne tarit pas de paroles bienveillantes à sonsujet ; mais combien nous sommes avares envers elledans les colonnes du badge t
. Depuis 1821-22, la France dépense des sommes con-sidérables pour creuser des canaux ; elle a raison, lescanaux sont des moyens de transport très-avantageux;elle n’en a pas trop fait, elle a été trop lente à en faire.Mais si l’on examine quelles sont la nature et la destina-tion de ces canaux, on voit que ce sont uniquement desvoies ouvertes au commerce. Par cela même qu’ils sontprofitables au commerce, ils le sont bien aussi à l’agri-culture ; mais ce n’est qu’indirectement. Un des servicesles plus signalés qu’on puisse rendre à celle-ci, serait defaciliter l’irrigation par des canaux. Avec l’irrigationon a des prairies, et avec des prairies on élève du bétail.Eh bien, parmi les nombreux canaux votés depuis unevingtaine d’années, votés par des chambres composéesen majeure partie de propriétaires fonciers, il n’y a pasun canal qui ait été spécialement entrepris en vue desintérêts agricoles, pas un canal d’irrigation ; et, par je nesais quelle fatalité, on n’a pas encore essayé (1) de faireservir à cet usage ceux qui pourraient le plus aisémenty être employés (2).
Si les canaux fournissent une preuve de notre indif-férence pour les intérêts de l’agriculture, les chemins enoffrent une autre. Les canaux sont des voies perfectionnées,
(1) Ainsi le canal du Rhône au Rhin, qui pourrait servira arroser unassez vaste espace sur les bords du Rhin, ne fournit pas une goutte d’eau àcette destination, sinon sur un seul poin t, par une tolérance exceptionnelle.
(2) En 1846 enfin, parmi différents autres canaux, fut voté un canal deSaint-Martory à Toulouse, avec un ensemble de réservoirs à exécuter dansla vallée de la Neste. Cet ouvrage, à peine commencé, fut suspendu en1818; on l’a repris depuis, mais faiblement et sur une moindre échelle.
{Note de la présente édition.)