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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
et des effets qu’il est permis d’en attendre dans l’intérêtdes classes ouvrières, alors même qu’il réclamait pourcelles-ci. Il dit au même endroit : « Si les moulins à eaun’étaient pas partout établis, je ne les croirais pas aussiutiles qu’on le dit, parce qu’ils ont fait reposer beaucoupde bras, qu’ils ont privé de l’usage de l’eau et fait perdrede la fécondité à beaucoup de terre. » On serait tenté decroire, en lisant ces lignes, que Montesquieu, quand illes écrivit, venait de perdre un procès contre quelquemeunier de son voisinage. Les moulins ne consommentpas l’eau, ils la rendent; donc ils n’en privent pas laterre, et par conséquent ne lui font rien perdre de safécondité. Quant au reproche d’avoir fait reposer beau-coup de bras, J. B. Say y a victorieusement répondu,lorsqu’il a dit : « Nous voyons de nos jours moins, detourneurs de meules, mais nous voyons un plus grandnombre de négociants, de manufacturiers qui, aidés parde nombreux agents, font venir des produits de tous lespays de la terre, et les paient en produits de notre façon. »C’est en effet parce que les moulins à eau et d’autres in-ventions de ce genre ont affranchi l’homme d’un travailécrasant, qu’il a pu se livrer à des occupations plusconformes à sa dignité et plus utiles à son bien-être.C’est pour cela que l’industrie s’est agrandie, qu’elle aétendu ses opérations, qu’elle a fait alliance avec l’intel-ligence humaine, et qu’elle couvre aujourd’hui les mersde ses vaisseaux, les continents de ses produits et de sesmonuments, pour le grand bien de l’espèce humaine.
En résumé, les adversaires des machines ont méconnules résultats principaux de ces merveilleux instrumentsde production. Ils n’ont apprécié ni l’économie de la main-d’œuvre, ni la baisse qu’elle amène dans le prix des objets,ni l’accroissement que cette baisse imprime à la consom-mation.