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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

il maintiendra ses ateliers en activité autant qu’il lepourra ; il s’ingéniera et fera mille efforts dans ce des-sein ; il travaillera sans bénéfice ; il fera plus, il travail-lera à perte: en d’autres termes, il continuera de fabri-quer et de vendre ses produits au-dessous du’ 1 pris derevient, tant que le sacrifice sera moindre que l’intérêtde son capital, joint aux autres frais généraux qu’il seraitobligé de supporter, et à la somme représentant la dété-rioration des machines, lesquelles, comme on sait, sedégradent dans le repos. Est-il nécessaire d’ajouter que,dans les industries qui n’emploient pas de machines, onsuit de tout autres règles, et que, là, placés dans l’alter-native de suspendre les travaux ou de travailler à perte,les maîtres congédient aussitôt les ouvriers?

Autre objection : les machines imposent à l’homme destravaux écrasants. Faible appendice d’un puissant appa-reil, petit engin lié à un engin immense, l’ouvrier doit seplier à ses allures, se prêter à la rapidité de ses mouve-ments, le suivre dans sa course incessante ; en un mot, ildoit marcher, tourner, travailler autant qu’il plaît à lamachine infatigable.

Pure rhétorique que tout cela. Si les machines ont uneffet évident et incontestable, c’est d’alléger à l’hommele poids du travail, d’adoucir la loi rigoureuse qui lui futimposée après sa chute, de lui épargner les travaux deforce, de l’affranchir de ce qu’il y a de plusÿénible dansl’œuvre industrielle. Que font-elles autre chose, en effet,que de discipliner les puissances aveugles de la natureet de les appliquer à des labeurs dont l’homme estainsi dégagé ? Leur véritable rôle donc est justement lecontraire de celui qu’on leur attribue. Ceux qui sonttombés dans cette erreur n’avaient qu’à jeter un regardsur les sociétés où les machines n’existent pas ; c’est là,qu’ils auraient vu l’homme écrasé de travail. Ils pou-