NEUVIÈME LEÇON. 447
largeur et le tirant d’eau convenus -, hors de là, tout a étéconsidéré comme du superflu. Les ponts y sont légère-ment établis en bois; les ponts-canaux sont souvent enbois. La maçonnerie est sans apparence et peu soi-gnée, excepté dans les écluses où il serait dangereuxqu’elle fût négligée. Quelquefois même les écluses sontdans un système mixte en bois et en moellon, qui fait unbon usage et se répare facilement. Les éclusièrs sont logésprovisoirement dans des baraques en planches. Avec cetesprit d’économie sévère, on est parvenu, dans un pays oùla main-d’œuvre est extrêmement chère en comparaisonde l’Europe, à creuser des canaux qui coûtent moins queles nôtres. Il est vrai que les terrains ont été à très-basprix, et que dans la plupart des directions, les pentes àracheter par des écluses, qui sont des ouvrages relative-ment dispendieux, se sont trouvés moindres qu’enFrance et qu’en Angleterre. Je connais peu d’enseigne-ments plus dignes des méditations d’un administrateurque l’histoire financière du canal Érié. J’en citerai untrait: Ce canal devait, avec le canal Champlain, être exé-cuté par l’État. L’industrie privée n’aurait pu s’en char-ger, il n’y avait pas de grands capitalistes aux États-Unis,alors. Quand on dressa les devis, Clinton, quoiqu’il nefût pas ingénieur, dirigea lui-même, en administrateurhabile, cette opération. Il en fit autant pour la construc-tion même. On avait posé en principe qu’il y serait ap-porté la plus stricte économie, et on tint parole. Les tra-vaux furent conduits, d’ailleurs, avec une rare activité.Le canal Erié avait coûté, avec le canal Champlain, lasomme de 52,363,000 fr., ce qui met le kilomètre à76,000 fr. Le revenu en fut si beau, que, quelques an-nées après, il avait remboursé ce qu’il avait coûté. Poursubvenir à la dépense, il avai t fallu emprunter. Ce n’étaitpas par l’impôt qu’un État de moins de 1,300,000 âmes,