448 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
où il y avait peu de fortunes, pouvait se procurer unesomme de 52 millions, et le créditde la communauté, alorsfort humble, que formait l’État de New-York, était borné.Sans les soins que prirent Clinton, et quelques autresbons citoyens qui lui étaient adjoints en qualité de com-missaires . des canaux, pour qu’on ne s’écartât pas despremiers devis sous prétexte d’amélioration, le créditaurait fait défaut à l’État. Au lieu que, une fois le canalremboursé par les produits qu’il avait donnés, et le cré-dit de l’État ainsi fondé, il fut naturel de songer à le re-faire sur de plus grandes dimensions, en prenant desdispositions telles que la navigation n’y fût pas inter-rompue pendant la reconstruction. De cette manièreon devait avoir le bénéfice de dimensions plus grandes,et par conséquent d’un fret plus économique, sans segrever d’aucune charge nouvelle. En 1835, une loi au-torisa les commissaires des canaux à procéder à l’a-grandissement du canal. Ils adoptèrent des dimen-sions qui différaient peu de celles qu’on a choisies enFrance pour le canal latéral à la Garonne. D’après undevis de 1839, la dépense devait être de 130 à 150 mil-lions.
En France, en pareil cas, on aurait voulu d’emblée uncanal large et profond, où tout fût en maçonnerie depuisla moindre passerelle jusqu’aux ponts-canaux, avec depetits monuments pour loger les éclusiers. En un moton eût débuté par le plan de 130 à 150 millions. La con-struction, par cela même qu'elle eût été tant soignée, eûtpris le double de temps, ce qui eût mis à la charge descontribuables un compte d’intérêts fort onéreux, et cequi, par un effet autrement fâcheux, eût reculé le mo-ment où le pays, entrant en jouissance du canal, eût vusa richesse prendre une marche rapidement ascendante ;sans compter que peut-être, sinon vraisemblablement,