459
DIXIÈME LEÇON.
* •
ie convoi, et sauf quelques rares points où la dispositiondu sol le commande, et où alors on a recours à une ma-chine supplémentaire, soit locomotive, soit même sta-tionnaire lorsque la pente dépasse un certain point. Cetteobligation de n’admettre que des pentes faibles est unecirconstance défavorable aux chemins de fer, en ce qu’elleen rend la construction dispendieuse.
On est tellement forcé de modérer les pentes sur leschemins de fer qu’au delà d’un certain point l’on nepourrait avoir de locomotive qui adhérât au rail assezfortement pour empêcher le convoi de glisser en arrièresur les rampes ; c’est que (qu’on me passe cette expres-sion) les chemins de fer ont le défaut de leur qualité.Par cela même que le frottement qui s’oppose à l’avance-ment des convois y est faible, le grippement, sorte d’engre-nage des petites aspérités des roues motrices (ce sontcelles des roues de la locomotive qui remorquent le con-voi, c’est-à-dire celles sur lesquelles agit la vapeur parl’intermédiaire du piston) avec les aspérités des rails, estnécessairement borné. L’adhérence naturelle est doncfaible (1).
(i ) La mécanique rationnelle et l’expérience démontrent que cette forced’adhésion est proportionnelle à la portion du poids de la locomotive quirepose sur les roues motrices. Admettons qu’elle soit du dixième de cepoids. On est ainsi limité extrêmement dans le développement delà forceapplicable, dès que la pente devient un peu forte. Ou vient .de voir que,avec l’inclinaison d’un demi pour 100, le frottement et la pesanteur quiretiennent le convoi représentent ensemble un poids de 4,000 kilog, si leconvoi est de 400 tonnes. 11 faudrait donc une locomotive du poids de40,000 kilog. pour qu’il y eût une adhérence capable de maintenir leconvoi en mouvement, dans la supposition impossible qu’on fil porter lepoids tout entier de la machine sur les roues motrices. Or une locomotivede 40,000 kilog. risquerait d’enfoncer le chemin de fer, et de détruire lesrails. Que serait-ce donc avec des rampes de plus d’un demi pour 100?Tout ce qu’on peut faire est d’avoir des locomotives aussi pesantes que lepermet l’état de la voie, et c’est ainsi que, de 4 à S,000 kilog. que pesaientles premières, on est venu à 23,000 et 30,000. Puis, pour faire porter la