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DIXIÈME LEÇON.
leur apprendre à s’aimer et à s’apprécier les uns les au-tres. Poussé par le sentiment qui porte l’homme à amé-liorer son sort, chaque peuple tend à emprunter aux au-tres les usages qui lui paraissent meilleurs que les siens,les idées qui sont plus avancées que celles qu’il professe :on conçoit sans peine à quel point les relations quenouent les chemins de fer favorisent ces changementssuccessifs. Le commerce, par les échanges de produitsqu’il opère, unit les nations les unes aux autres : leschemins de fer provoquent, avec une énergie extrême,les échanges commerciaux. Ils en donnent le moyen parles facilités qu’ils apportent au transport, et, par laconnaissance qu’ils procurent à chaque peuple desproductions des autres, ils font désirer celles-ci deplus en plus. L’ancien système de politique commer-ciale, qui est fondé sur une pensée d’isolement, n’a pasdéplus grand adversaire que les chemins de fer. Le carac-tère vexatoire, attentatoire à la morale publique (par lesvisites à corps) que ce système imprime à la douane, lepréjudice qu’il cause à la richesse publique, l’impossi-bilité de le concilier avec la liberté du travail et de
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l’industrie, et avec l’équité, lui avaient déjà suscité biendes ennemis. Parmi les penseurs il était condamné de-puis longtemps. Le chemin de fer vient pour lui donnerun dernier coup de massue.
Il n’est pas jusqu’à la guerre à laquelle le chemin defer ne présente des facilités. Le chemin de fer tend cer-tainement à diminuer les chances de la guerre ; mais, laguerre une fois déclarée, il doit en rendre les mouve-ments beaucoup plus prompts, les coups plus décisifs.C’est un sujet que je me propose de traiter spécialementplus tard. Ne perdons pas de vue cependant que les che-mins de fer se recommandent surtout comme des auxi-liaires de la paix. Ils l’affermissent, ils dissipent les pré-
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