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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DIXIÈME LEÇON. 467

l’égard des chemins de fer : c’est uniquement par la dif-ficulté qu’on éprouve dans les régions politiques pour semettre d’accord sur les conditions de l’exécution (I).

On peut comparer le zèle et l’ardeur que déploient au-jourd’hui les nations civilisées pour l’établissement deschemins de fer à ce qui se passait, il y a quelques siè-cles, pour l’érection des églises. Cette comparaison avecle sentiment religieux n’a rien dont on puisse s’offusquer :si, comme on l’assure, le mot de religion vient de reli-gare (relier, unir, rapprocher), les chemins de fer ont plusde rapports qu’on ne le pense avec l’esprit religieux. Ja-mais il n’exista un instrument d’autant de puissance pourrapprocher matériellement les populations, unir les diver-ses parties d’un même empire, et relier les peuples épars.

Les chemins de fer ont donné lieu, de la part de l’in-dustrie privée, à des entreprises colossales, inouïes. Al’exception de la compagnie anglaise des Indes, jamaison n’avait vu de compagnies industrielles pourvues d’unpareil capital (2).

(1) La loi du U juin 1842 imprima un certain essor aux entreprises de

chemins de fer. Cependant ces entreprises n’ont acquis chez nous le dé-veloppement désirable qu’aprèsle changement apporté à la forme du gou-vernement en décembre 1851. (Note de la présente édition.)

(2) Au 31 décembre 1854, la compagnie du Nord-Ouest, la plus consi-dérable des compagnies anglaises de chemins de fer, qui s’est constituéepar la réunion de plusieurs autres, avait dépensé, tant sur la ligne prin-cipale que sur les embranchements, pour l’exécution des travaux et pourl’acquisition du matériel, 900 millions de francs, répandus sur 793 kilo-mètres. Celle du Great-Western avait, à la même date, dépensé en con-structions et matériel, 580 millions de francs pour 520 kilom.; celle desEastern-Counties 369 millions pour 673kilom.;la Norlh-Eastern 474 pour1,120 kilom.

Les compagnies de chemins de fer du continent ont été longtemps sansréunir d’aussi grandes masses de fonds. Cependant en France, depuis quede grandes fusions ont été opérées entre les compagnies, les principalesreprésentent un capital fourni, soit au moyen d’actions, soit au moyende l’emprunt, qui est à peu près de la même importance que celui des