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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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COURS -D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

Les chemins de fer avaient été» conçus primitive-ment pour le service des marchandises, et seulementpour de courts trajets. C’est à cette fin qu’avait été en-trepris le chemin de Manchester à Liverpool. En France,le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, qui est de lamême époque, et qui est l’œuvre d’une famille à laquellel’industrie française doit beaucoup, celle des frères Sé-guin, avait été projeté pour les marchandises exclusive-ment ; si bien que, dans la loi qui l’autorise et dans lecahier des charges y annexé, il n’est pas fait mention duservice des voyageurs, quoique actuellement il en trans-porte 400,000 ou 500,000 (1). Après l’éclatant succèsde la machine locomotive de George Stephenson, sur laligne de Manchester à Liverpool, il se fit, en Europe dumoins, un singulier revirement dans les esprits. On n’en-visagea plus les chemins de fer que comme destinés autransport des personnes. Les premières locomotives, ilfaut le dire, étaient d’une puissance fort médiocre, etpar conséquent tout à fait hors d’état d’entraîner desfardeaux bien considérables. Les Américains, qui avant laréussite de la machine de Stephenson, s’étaient occupés

grandes compagnies anglaises. La compagnie d’Orléans a dépensé ou dé-pensera sur son réseau, qui sera de 1,691 kilom. (dont 1,153 étaientexploités le 1 er janvier 1855), 574 millions, y compris 242 millions dépen-sés ou fournis par l’État. Le réseau de la compagnie de l’Est a absorbé ouabsorbera 550 millions, dont 120 à la charge de l’État,' pour 1,781 kilom.dont 940 étaient en exploitation au commencement de 1835. Sur le réseaude la compagnie du Nord la dépense sera de 328 millions; le développe-ment sera de 968 kilom., dont 707 sont exploités aujourd’hui. On voit parces exemples que le développement kilométrique des compagnies fran-çaises excède celui des compagnies anglaises. Aux États-Unis, les entre-prises sont restées plus morcelées qu’en Europe, et par conséquent lecapital dépensé par chacune d’elles est resté moindre. Cependant lacompagnie de Baltimore à l’Ohio a dû débourser au moins 100 millions.

(Note de la présente édition.)'

(ï) Ce nombre a peut-être doublé depuis 1841.

[Note de la présente édition.)