Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
538
JPEG-Download
 

538

COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

titnes environ. Or, savez-vous quel est, sur les lieuxde production, le prix du vin des bords de la Méditer-ranée ? Souvent on l’a vu à 35 francs le muid (mesurede 700 litres). A ce prix le producteur n’est pas en perte,à 50 francs il a lieu d’être très-satisfait. C’est par hecto-litre de 5 à 7 francs, soit 5 à 7 centimes le litre, nousdirons 7. Si un chemin de fer reliait ces heureuses con-trées à Paris, le trajet serait de 1,000 kilomètres auplus; à raison de 5 centimes par tonne et par kilo-mètre, et en ne comptant que 900 litres de liquide partonne transportée, à cause des futailles, le trajet deslieux de production à Paris reviendrait à 6 centimes ;7 et 6 font 13 ; ajoutez 2 centimes pour les faux frais ;vous auriez donc, à la barrière, une boisson salubre,réconfortante et plus flatteuse pour le palais, qu’unebonne partie des vins servis comme ordinaire sur laplupart des tables, au prix de 15 centimes le litre engros. Certainement on pourrait le donner pour 25 cen-times au détail à la barrière, et avec le droit d’octroi ilreviendrait au père de famille, en cave, dans l’enceintede Paris, à 35. Ce serait une révolution dans l’économiedomestique.

Mais je ne vous fais pas remarquer suffisamment lerôle que jouerait ici la célérité, attribut dès à présentincontestable du chemin de fer. Une des raisons pourlesquelles les vins récoltés sur les bords de la Méditerra-née sont peu connus des consommateurs du nord de laFrance, le motif principal qui empêche ceux-ci de s’a-. dresser directement au producteur pour s’approvision-ner, c’est la lenteur des communications, telles qu’ellessont aujourd’hui. Le roulage auquel on aura livré despièces de vin emploie des agents sur la bonne foi des-quels on ne peut compter, quand il s’agit de boissons.Us puisent dans les pièces confiées à leur garde, lors-