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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DOUZIÈME LEÇON.

qu’ils les ont sous la main pendant des semaines entières.Dans ces circonstances, le vin arrive à destinationdiminué en quantité, non moins atteint dans la qualité.Le père de famille, qui a fait l’expérience de ces infidé-lités, ne veut plus s’y exposer, et voilà pourquoi, dansl’état actuel des moyens de transport, les vins des fertilesvignobles des départements voisins de la Méditerranéen’entrent que faiblement dans la consommation des dé-partements du Nord et ne sont guère recherchés parles marchands de vins de cette partie de la France, quepour faire des coupages. C’est un malheur pour le pro-ducteur et pour le public consommateur ; mais le che-min de fer doit changer de fond en comble cet état deschoses, à l’avantage général.

Le bas prix des transports est en général favorable auxchemins de fer, parce qu’il provoque avec une grandeénergie les affaires et . par conséquent la circulation desproduits et celle des personnes. C’est pour cela qu’il meparaît très-probable que les compagnies en feront le fon-dement de leur système d’exploitation.

Ce n’est cependant pas une règle absolue et sans ex-ception. On peut en effet indiquer quelques cas danslesquels l’adoption d’un tarif bas ne tendrait que très-faiblement à accroître la circulation. En 1835, j’ai vu,en Virginie, un chemin de fer, celui de Petersburg auRoanoke, qui prospérait avec un mouvement annuel bienfaible; il ne transportait que 21,000 voyageurs et 20,000tonnes de marchandises, et donnait cependant des divi-dendes de 6 pour 100. Les voyageurs payaient 17,cen-times, et la tonne de marchandises 27 centimes, par kilo-mètre. C’est un chemin de 96 kilomètres qui sert autransit entre la vallée du Roanoke et celle du James-River. Le pays qu’il traverse étant un désert, la baissedes prix, eût-elle été des trois quarts, n’eût pas développé