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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DOUZIÈME LEÇON. 341

en position de se mouvoir, en dehors de celles qui fré-quentent le chemin de fer sous le régime des prix élevés,s’il n’y avait pas beaucoup de marchandises qui atten-dissent un débouché, ou du moins, si l’on ne possédaitpas les moyens de produire ces marchandises, commentle chemin de fer, en abaissant les prix, pourrait-il agran-dir considérablement sa clientèle?

Ainsi le succès des bas tarifs sur les chemins de ferexige comme conditions absolues, non-seulement unepopulation nombreuse, mais encore que cette populationsoit animée de l’esprit d’initiative qui est un des attri-buts de la liberté et une des forces génératrices de l’in-dustrie ; non-seulement l’existence d’une certaine massede capitaux dans la société, mais encore une réparti-tion de la richesse qui favorise les hommes industrieuxet excite leurs efforts.

Qu’est-ce à dire, sinon que les chemins de fer ne pou-vaient bien réussir et se répandre avant l’époque où nousvivons ? L’invention même de la locomotive ou du moinsla faculté de la construire n’étaient pas possibles avantnotre époque; bien plus, le chemin de fer suppose à lasociété une certaine manière d’être qui est précisémentcelle de notre temps. C’est une réflexion juste, que lacréation des chemins de fer est un de ces faits dontl’accomplissement nous était réservé, une de ces inno-vations qui prospèrent parce que notre siècle qui les metau jour est apte à les appliquer, et dont la propagationn’est possible que parce que les populations sont par-venues, par la marche progressive de la civilisation, àréaliser de certaines conditions.

On aperçoit déjà, par ce qui précède, que la questiondes chargements complets a une liaison étroite avec celledes bas tarifs. On le verra mieux encore par ce qui suit.La considération des chargements complets est une.de