562
COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
d’aller à pied ; que la compagnie n’avait pas trouvé d’au-tre moyen de mettre d’accord son intérêt avec l’intérêtpopulaire ; que les stanhopes n’ont pas autant d’inconvé-nients qu’on le dit, parce qu’elles sont divisées encompartiments et disposées de telle façon que chaquevoyageur y ait un point d’appui; qu’elles servent surtoutaux personnes qui font de courts trajets, et qui ainsi n’ontpas le temps de se fatiguer d’être debout. Au milieu decette polémique, ces sortes de voitures se sont répandues;de la ligne de Manchester à Leeds elles ont passé àd’autres chemins de fer. Les compagnies y trouvent unavantage spécial, outre celui de contraindre à prendredes places plus chères quiconque peut les payer : avecces sortes de voitures, les frais de transport diminuentdans une proportion notable. En Belgique, pour trans-porter 120 personnes, il faut 4 wagons, pesant vides10,800 kilog. Sur le chemin de Leeds, il suffit, pour lemême nombre de voyageurs, de deux stanhopes, pesantchacune 2,400 kilog., ou ensemble 4,800 kilog. Avec lesstanhopes la charge inutile que la locomotive est forcée detraîner se trouve donc moindre, de près des trois cin-quièmes.
L’emploi des stanhopes n’est qu’un des aspects dusystème aristocratique suivant lequel les chemins de feranglais sont exploités. On est fondé à dire de ce mode detransport qu’il blesse trop ostensiblement chez le pauvrele sentiment de la dignité humaine, et qu’il répugne in-stinctivement à l’esprit d’égalité dont est si profondémentimbue de nos jours la société.
Concluons en ces termes, à l’égard des chemins de feranglais, en tantqu’ils servent au transport des voyageurs,qu’en somme, au moment où je parle, il y a beaucoup,à reprendre dans la manière dont ils sont exploités.