Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
584
JPEG-Download
 

584

COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

gnies. Le comité administratif, chargé en Angleterre dela surveillance des compagnies, avait déjà émis la mêmepensée. M. Jullien, dans un fort bon écrit qu’il apublié au sujet de l’exploitation des chemins de fer, citele passage suivant du rapport de ce comité, sur l’exercice1843 : « Il n’en coûterait pas davantage à la compagniedu chemin de Birmingham de transporter, par le mêmeconvoi, 240 personnes au lieu de 60. Alors, les frais n’é-tant plus que du quart, et la quote-part à fournir parles voyageurs pour le dividende des actionnaires étant ré-partie sur quatre têtes au lieu d’une, le prix des placespourrait être abaissé dans une très-forte proportion. »

L’auteur de Railway Reforrn concluait que l’État devaitracheter les chemins de fer et les exploiter comme legouvernement belge, à prix réduits. La conclusion étaitforcée ; le gouvernement anglais aurait eu tort de s’em-parer des chemins en les rachetant d’autorité. C’eût étéune atteinte à l’esprit d’association, qui est une des forcesvitales de la société anglaise ; c’eût été une attaque con-tre la liberté de l’industrie, qui est un des attributs in-dispensables de la civilisation moderne. Jusque-là, dansla gestion des chemins de fer anglais, les administrateurss’étaient mépris, la liberté de l’industrie avait fait unécart. Ce n’était pas une raison pour exercer envers lescompagnies des violences, et pour entraver systématique-ment la liberté de l’industrie en matière de chemins defer. Les associations étaient accessibles à la raison ; la li-berté de l’industrie portait en elle-même, le temps ai-dant, le remède à ses propres excès.

La vraie conclusion à tirer des faits dont on se plai-gnait justement était que les compagnies devaient ou-vrir les yeux sur leur véritable intérêt et voir qu’il n’é-tait pas, à beaucoup près, autant qu’elles le pensaient,en désa ccord avec l’intérêt public, qui voulait le bon