LA MONNAIE. SECTION I, CHAPITRE III. H
spécial de l’île de Ceylan, les cauris figurent comme uneexportation de cette île, pour 9,762 quintaux anglais,d’une valeur de 35,869 livres sterling, ou environ900,000 fr. M. Macleod, dans ses Éléments d'Économiepolitique (1), rapporte que, dans les îles Ioniennes, cestl’usage parmi les fermiers de s’acquitter au moyen d’en-gagements à livrer certaines quantités d’huile. Il est vraiqu’ils la supputent à un prix déterminé en monnaie mé-tallique. La coutume qui se répand de plus en plus, enAngleterre et sur le continent, de solder de petits comptesau moyen de timbres-poste, a de l’analogie avec cette pra-tique des îles Ioniennes, en ce que l’objet qu’on livre estl’équivalent d’une somme déterminée en espèces d’or oud’argent.
On peut observer môme chez les peuples les plus avancés,dans quelques districts écartés, la fonction de la monnaieoccupée par certaines marchandises. Je citerai par exemplece qu’on peut voir, à l’heure qu’il est, en France, dansquelques-uns des villages situés sur les mines du bassinhouiller de Graissessac (Hérault). Voici à cet égard quel-ques renseignements extraits d’une note dont je suis rede-vable à M. Cacarrié, ingénieur en chef des mines, qui a eule bassin de Graissessac dans sa circonscription.
Dans plusieurs petits villages des environs de Grais-sessac, la fabrication des clous à la main a pu survivreaux progrès de la mécanique, grâce aux conditions impo-sées aux concessionnaires de livrer aux habitants la houilleà un prix réduit, qui est habituellement de 75 cent, lescent kilogrammes. L’établissement d’un cloutier est desplus modestes : une forge dans un coin de l’unique piècedu rez-de-chaussée de sa maison, une enclume, quelques
(t) Eléments of Political Economy, p. 35. M. Macleod a extrait ce ren-seignement de l’Encyclopédie britannique, 8' édition, article lonianIslands.