12 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
marteaux, des matrices, et pour auxiliaire un chien, qui,enfermé dans une roue, met en mouvement le soufflet.Les matières premières sont le vieux fer que la femme vachercher dans les environs, et la verge à clous fournie parle marchand de fer, qui est généralement marchand defarine, de pain, d’épiceries et de divers autres articlesusuels. Ce fournisseur universel livre à crédit le fer, ainsique les autres denrées qui composent son assortiment ; lecloutier le paye avec les clous qu’il a fabriqués, au coursde l’article pour la vente en gros. Outre ces échanges, lesclous sont une monnaie habituelle pour les autres transac-tions ; ainsi on paye avec des clous la houille achetée auxmines, les œufs, la viande, les sabots, les objets d’habille-ment, et surtout le vin consommé au cabaret. Dans cestransactions, le cours des clous hausse ou baisse suivant leprix des fers, il n’y a que le change qui soit constant :toutes les fois que les clous sont acceptés comme monnaiepar un individu qui ne fait pas particulièrement ce com-merce, le change est de 5 pour 100 sur le prix courantdu jour. Par conséquent si le cloutier achète pour 5 fr., ilpaye 5 fr. 25 en clous. Malgré cette prime, le payement enclous se perpétue, d’abord parce qu’il n’y a pas toujours desmarchands prêts à acheter les clous pour de l’argent; puisil faudrait transporter ces clous du village où ils ont étéfabriqués au lieu où demeure l’acheteur; enfin le cloutiern’a pas toujours chez lui une quantité de clous qui vaillela peine de se déplacer pour aller les vendre. Cet usage desclous comme monnaie tend à diminuer h mesure que lescommunications deviennent plus faciles; mais on peutcroire qu’il se passera du temps avant qu’il ait disparucomplètement.
Ici, on le voit, comme l’huile dans les îles Ioniennes,les clous ne font l’office de monnaie que de seconde main ;c’est le substitut des espèces d’or et d’argent. Ils ne cons-