LA MONNAIE. SECTION I, CHAPITRE III. 13
tituent pas l’unité monétaire par eux-mêmes, ils sontsubordonnés aux pièces de monnaie et s’y rapportent cons-tamment, tandis que les cauris, par exemple, constituentla monnaie pleinement et absolument.
« Du temps des rois aztèques, des grains de cacao ser-vaient de monnaie, au grand marché de Tlatelolco (dansMexico), comme les coquilles aux îles Maldives. On em-ployait pour le chocolat le cacao de Soconusco, cultivé àl’extrémité orientale de l’empire mexicain, et les petitsgrains appelés tlalcacahuatl. Les espèces de qualité infé-rieure étaient réservées pour servir de monnaie. « Sachant,
« dit Codez, dans sa première lettre à l’empereur Charles-« Quint, que dans la province de Malinaltebeque il y avait« de l’or en abondance, j’engageai le seigneur Montezuma« à y établir une ferme pour Votre Majesté. 11 y mit tant de« zèle qu’en moins de deux mois on y avait déjà semé« soixante fanègues de maïs, et dix de fèves. On y avait« planté aussi deux mille pieds de cacap (cacaoyer), qui« donne un fruit semblable à l’amande, et que l’on vend« après l’avoir moulu. Cette graine est si estimée que,« dans tout le pays, on l’emploie comme monnaie, et qu’on« achète avec elle dans les marchés et partout ailleurs. »Encore aujourd’hui le cacao sert de billon à Mexico. Commela plus petite monnaie des colonies espagnoles est un demi-réal (un medio ), équivalant à douze sols, le peuple trouvede la commodité dans l’emploi du cacao comme monnaie.Un sol est représenté par six grains (1). »
(1) Humboldt, Essai sur le Royaume de la Nouvelle-Espagne, p. 36et 37, t. lit. Édition de t824.