U COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
5° La divisibilité de l’or et de l’argent est extrême. Onfait des pièces d’argent de 20 centimes. La seule mon-naie qu’eurent les Anglo-Saxons, pendant longtemps, futun denier (pesant la deux-cent-quarantième partie de lalivre), qui ferait 30 centimes environ de notre monnaie.
Pour l’or, on va en Angleterre jusqu’à la demi-livresterling (12 fr. 60 c.) ; en Autriche, le ducat représenteU fr. 81 c.; en France, on s’était d’abord arrêté à 20 fr.,mais depuis quelques années on est descendu à 10 fr.,puis à 5 fr. A partir de 1849, on a mis en circulation auxÉtats-Unis, des pièces d’or d’un dollar qui ne pèsent quel gr ,671. On trouve généralement trop menues les piècesfrançaises de 5 fr.et les pièces américaines d’un dollar. Despièces d’une piastre en or avaient déjà circulé en Espagne.
La division n’atténue en rien la valeur de l’or et del’argent: il suffit d’en placer des fragments dans un creu-set pour en faire un lingot qui se vendra tout juste enproportion de son poids. Un beau diamant qu’on auraitpartagé en quatre perdrait les quatre-vingt-dix-neufcentièmes de sa valeur.
6° L’or et l’argent sont, de toutes les marchandises,celles dont la valeur est communément la plus stable oula moins instable. Ces deux métaux sont produits dansdes circonstances qui habituellement ne changent pasd’une manière bien sensible, d’une année à l’autre, etles quantités qui en sont constamment offertes et deman-dées sont assez grandes pour que les inégalités acci-dentelles, entre l’extraction d’une année et celle de lasuivante, ne les modifient pas d’une manière appréciable.Facilement transportables, ils quittent à peu de frais lespoints du globe où ils baissent pour se rendre à ceux oùils enchérissent, c’est-à-dire où les populations, mieux enmesure d’en donner le retour, les demandent davantage,ce qui les nivelle sans cesse. Ainsi la valeur de l’or et de