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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA. MONNAIE. SECTION I, CHAPITRE V. 25

l’argent peut, ordinairement, être considérée comme fixe.

Le créancier qui veut qu’on lui restitue exactement 1 équi-valent de ce qu’il a prêté, n’a rien de mieux à faire quede stipuler en or ou en argent. Ricardo rapporte que,jusqu’en 1810, la plus grande variation éprouvée pari or,pendant les guerres de la République et de l'Empire, quinécessitaient des déplacements subits d’assez fortes quan-tités de ce métal, a été, sur le marché de Hambourg, leprincipal alors du continent, de 3 3/4 p. 0/0; sur lesmarchés de la Hollande, de 3 5/8 (1). Ici Ricardo prendla valeur de l’or estimée en argent, et il suppose ainsique ce dernier métal, pendant le même temps, a gardéune valeur fixe. Après le rétablissement de la paix,lorsque, en vertu delà loi de 1819, qui a gardé le nomde sir Robert Peel, la Banque d’Angleterre, pour re-prendre les payements en espèces, suspendus depuis 1797,a dû absorber une énorme quantité d’or, on ne peut éva-luer à moins de 16 millions sterling (400 millions defrancs) la masse qui a été prise au marché généralen trois ou quatre ans ; c’est un poids d’or fin de117,000 kilog., ou huit fois la production annuelle del’Amérique à cette époque (2). Cependant, il ne paraît

(1) Reply to M. Bosanquet’s Observations on Reportof Bullion Committce,1811, page 329, de l’édition Mac Culloch.

(2) A Londres, il n’y a guère que la Banque qui fasse frapper des piècesd’or. Un document parlementaire, cité par M. Mac Culloch dans son Dic-tionnaire du Commerce (article Coins), indique le monnayage d’or commeil suit, à partir de 1819 :

1819 3,575 liv. sterl.

1820 949,916

1821 9,520,759

1822 5,356,788

1823 759,748

Total. 16,590,386

Le total de ce monnayage doit être attribué à la reprise des payementsen espèces.