28 ' COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
avec laquelle ils s’allèrent presque tous, ils sont aussi frap-pés d’interdit, dans les temps modernes, par les varia-tions rapides que leur valeur éprouve sans cesse. Le cui-vre dont, à l’origine de la civilisation, plusieurs peuplesavaient fait leur monnaie, sans être d’une valeur aussi mo-bile que le fer, par exemple, subit cependant des oscilla-tions très-fortes dont on peut se convaincre en parcourantles relevés des prix courants.
Le gouvernement russe a fait, à ses dépens, l’expériencedu dommage qui peut s’ensuivre. Les espèces en cuivre,jusqu’à nos jours, ont joué en Russie un plus grand rôleque celui qui leur est assigné dans l’Europe occidentale,où ce n’est qu’un billon dont l’usage est restreint aux ap-points et au commerce du dernier détail. Elles ont eucours légal jusqu’en 1810 pour tous les payements decinq roubles d’argent (20 fr.) et au-dessous. D’abord ellesne possédaient qu’une très-faible valeur intrinsèque, tan-dis qu’il aurait fallu leur en donner une qui ne différâtpas trop de celle des lingots. De là vint une suite de diffi-cultés financières et commerciales. Pour y parer, l’impé-ratrice Anne, en 1735, fit émettre des espèces en cuivrefabriquées sur le pied de 10 roubles de valeur nominalepour un poids d’un poud de ce métal (1). Les pièces decuivre étaient ainsi surévaluées encore d’un peu plus demoitié, car un rouble de monnaie de cuivre, mis au creu-set, n’aurait donné de métal que pour 65 copecs au lieudes 100 qui composent le rouble. Cependant c’était unegrande amélioration, puisque auparavant il n’en auraitrendu que pour 15. Mais ensuite le prix du cuivre monta,et, en 1755, quand on eut adopté la base de 8 roublesseulement au poud, le rouble en cuivre contenait du mé-tal pour le montant de sa valeur nominale tout au moins.
(i) Le poud pèse IG kilogrammes 381.