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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION I, CHAPITRE V.

En 1757, on prit le parti de refondre le cuivre : oufrappa 16 roubles au poud au lieu de 8. Le gouverne-ment, en fabriquant des pièces de cuivre sur ce pied, don-nait à ce métal, une fois monnayé, une valeur, par rap-porta l’argent, d’un quarante-neuvième, tandis que, selonle cours des lingots, il n’en avait qu’une d’un cent-trente-cinquième. Une altération apportée à la monnaied’argent en 1763 (1), changea ce rapport d’un quarante-neuvième en celui d’un cinquante-septième, et le gou-vernement avait encore une marge énorme pour bénéfi-cier. Mais le cuivre en lingots enchérit de nouveau;déjà en 1765,1e rapport des valeurs du cuivre et de l’ar-gent en lingots n’était plus (2) que de 114 livres de cui-vre pour 1 d’argent, au lieu de 135 ; eu 1803, ce fut de 50seulement. A ce moment, l’émission des espèces en cuivredevint onéreuse à l’État, les particuliers eurent du profità fondre ces espèces pour en faire des lingots, car, avec unelivre d’argent employée à acheter des pièces de cui-vre, ils en avaient 57 livres, tandis que, en achetant deslingots, ils n’en auraient eu que 50.

En 1810 donc, on changea les pièces de cuivre; onconvint d’en frapper 24 roubles au poud. Voilà cepen-dant que, parun singulier hasard, dès 1811, le cuivrecesse de monter et prend le mouvement opposé avec uneforce extraordinaire ; il baisse des trois cinquièmes. Ilétait dit alors dans la loi que le cuivre monnayé n’avaitplus pour destination que de servir d’appoint ; il était demême ordonné qu’à l’avenir on n’en frapperait plus quedes pièces de 2 copecs, 1 copec et 1/2 copec (8 centimes,4 centimes et 2 centimes) ; mais, en fait, faute delà mon-naie d’argent qui manquait presque complètement, tousles payements de cinq roubles et au-dessous se faisaient

(1) C'est la dernière qui ait eu lieu dans l’empire de Russie.

(’■*) Storch, Cours d’Économie politique, édition de Paris, 1.1V, p. 86.