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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
ment suffire; il y a d’ailleurs lieu de remarquer que, surle territoire de la république romaine, et dans les condi-tions où il se produisait alors, le cuivre he devait paséprouver les rapides et brusques variations de valeur qu’onlui voit de nos jours.
Dans les empires de l’Asie les plus rapprochés de l’Eu-rope, tels que ceux des Assyriens et des Perses, l’or aservi de monnaie dès les temps les plus anciens. Dans laChine au contraire, c’est l’argent qui remplit ce rôle.Si, dans la série des âges, on observe des peuples qui neconnaissent ni la monnaie d’or ni la monnaie d’argent,ce sont des peuples barbares, ou dont la civilisation,naissante encore, n’a pas assuré sa marche ; et bientôt,s’ils vont eu avant, l’or ou l’argent remplacent parmi euxles monnaies plus grossières. Chez les anciens Russes,par exemple, ainsi que chez d’autres peuples du Nord,on s’est servi, à l’origine, des pelleteries en guise de mon-naie; mais lorsque les échanges extérieurs et intérieurseurent acquis quelque consistance, les métaux précieuxont pris la place de cet instrument imparfait. Les Mexi-cains, lorsque les Espagnols les conquirent, avaient, pourmonnaie,des morceaux d’étain d’une forme déterminée (1).On cite même des piécettes de bronze qui auraient circulédans quelques-unes des provinces de l’empire de Monté-zuma (2). Mais déjà ils commençaient à se servir de l’ordont on renfermait les grains, provenant du lavage, dansdes tuyaux de plume qui passaient dans les transactionsen raison de la quantité de métal qu’ils contenaient.
Nous considérerons donc comme un fait établi que l’or
(1) C était la forme d’un T. Voir Prescott, Histoire de la conquête duMexique, livre 1, chapitre V, page 145 du tome I de l’édition originale deBoston, et page 117 de la traduction française de M. AmédéePichot.
(2) Saint-Clair Duport, De la production des métaux précieux au Mexi-que, page 3.