LA MONNAIE. SECTION I, CHAPITRE V. 33
et l’argent sont deux substances qui répondent d unemanière satisfaisante aux exigences de la fonction demonnaie. Ce n’est pas à dire cependant qu’on les y em-ploie purs. Dans l’antiquité, on a fait des monnaies, d orsurtout, où l’on s’efforçait d’avoir le métal aussi pur quele permettaient alors les arts métallurgiques. Les peuplesplus modernes y ont complètement renoncé. Ils trouvent,et en cela ils ont raison, qu’il est utile d’introduire dansles pièces de monnaie une certaine proportion d’un autremétal, qui est ordinairement le cuivre. La proportion decet alliage est uniforme pour les pièces de monnaie d’unemême sorte. La proportion de tin constitue ce qu’onnomme le titre delà monnaie ; ainsi, quand les pièces demonnaie contiennent les neuf dixièmes de leur poids enmétal pur, ou de fin, pour parler la langue des mon-nayeurs, on dit que ces pièces sont au titre de 9 / 10 ; nousnous étendrons davantage sur le sujet du titre quand nousaurons à traiter de la fabrication de la monnaie.
Quoique l’or et l’argent soient, de nos jours surtout,les seules substances propres à faire de la monnaie, ontrouve cependant un troisième et, depuis quelque temps,un quatrième métal dans le système monétaire de la plu-part des États ; c’est 1° le cuivre, ou plus souvent encorele bronze, qui consiste, comme ou sait, dans un alliage decuivre avec une faible proportion d’étain, et 2° le nickel (1).Mais les pièces de cuivre ou de bronze et celles de nickelne sont pas de la monnaie ; elles ne passent pas en effetdans les transactions comme des équivalents, et il est bienentendu qu’elles ne sont admises en payement que pourde très-petites sommes ; au lieu d’être de la monnaie, c’essimplement du billon, dont la destination est de suppléerl’argent dans les cas où on ne peut parfaire une somme
(D Te nickel présente cet inconvénient que les pièces de ce métal,par leur couleur, peuvent se confondre avec la monnaie d’argent,tu. 3