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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION I, CHAPlïltE VI. ‘il

chinois de Canton et de Chang-haï ont l’habitude d’y im-primer des estampilles, ce qui les défigure et finit parlesbriser, et elles continuent alors de circuler comme des lin-gots d’un titre connu. Le taël d’argent, dont plusieursvoyageurs parlent comme d’une monnaie chinoise, n estquel’indication d’un poids déterminé d’argent fin (38 gram-mes 59 /^). 11 n’y a d’espèces monnayées chinoises, que leH ou (sien, pièce de cuivre et de loutenague, dont il fautdouze cents pour faire une piastre, ce qui la met à moinsde la moitié de notre centime ; on ne s’en sert que dansles transactions subalternes. Dans l’Empire mogol, on frap-pait une seule monnaie d’argent, la roupie sicca, fort con-nue partout sous ce nom, qui est celui de l’unité du poids.De même, pour l’or, les Mogols avaient le mohur ou siccapesan t ( 1).

Il est eu Europe unenation, l’Espagne, qui a gardé, jus-qu’à nos jours, ses traditions primitives relativement aupoids des monnaies. Le quadruple d’or et la piastre d’argentsont du même poids toutes les deux (27 grammes 45 milli-grammes), et ce poids commun est exactement le dix-sep-tième de la livre de deux marcs de Castille. Rien n’indiquesur le quadruple qu’il doive être compté pour un nombredéterminé de piastres d’argent. Il est ce qu’il est par lui-même, un poids déterminé d’or fin. Il faut ajouter cepen-dant que, si le poids de ces deux pièces est demeuré lemême, il n’en a pas été ainsi de leur teneur en métal fin.

(1) Voir le travail de M. de Montigny, attaché à l’ambassade de Franceen Chine. Ce travail a été inséré, sous le numéro 319, dans la publicationbimensuelle du Ministère du Commerce, sous le titre du Manuel du né-gociant français en Chine (mars et avril 1846).