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La monnaie / par Michel Chevalier
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COU HS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

58 sous. C’étail donc un seigncuriage de 3 sous 5 denierssur 54 sous 7 deniers, ou de près de 7 p. 100. Maisqu’était-ce en comparaison de ce que prirent quelquefoisles rois ses successeurs? Le mandement du 23 novem-bre 1356 (règne de Jean II), faisait fabriquer 12 livresavec un marc de fin qu’on payait aux particuliers 7 li-vres 8 sous; c’était un seigneuriage égal aux 3 /» de lamatière même. Dans les quatorzième et quinzième siècleson trouve de nombreux exemples d’exactions semblables ;il y en a de plus scandaleux encore (1) : le mandementdu 25 mai 1359 ordonnait la fabrication de 18 livresavec une quantité de métal que le prince payait 4 livres10 sous.

Ce qu’il y avait de plus triste pour les particuliers, c’estqu’au lieu de procéder à la façon des sultans turcs, quimodifiaient la monnaie toujours dans le même sens, endiminuant indéfiniment la quantité de métal fin con-tenue dans la piastre, les princes occidentaux, et surtoutles rois de France, revenaient de temps en temps surleurs pas, non pour se conformer à la justice, mais bienpour réaliser, en sens inverse, un bénéfice égal à celuique l’altération de la monnaie leur avait procuré d’a-bord. Le Trésor ne recevant plus que pour 1 livre, parexemple, les pièces qui la veille s’appelaient de 2 livres,le souverain y gagnait une fois de plus le montant de ladépréciation première. Aussi, l’histoire des monnaiesfrançaises, pendant quelques siècles, offre-1—elle unegrande quantité de fois le relèvement de la monnaieaprès qu’elle avait été abaissée. Quand on veut donc me-surer le dommage que la falsification des monnaies acausé au public, il ne faut pas se dire seulement quele nom d’une livre s’est appliqué définitivement à une

(i) Leber, Fortune privée au moyen âge , pages 227 à 2S’i.