LÀ MONNAIE. SECTION II, CHAPITRE II. oli
le problème. Ce sont des litres ou des instruments decré-dit qui ont pris, et dans de vastes proportions, la place del’or et de l’argent. Mais tous ces titres et instruments re-présentent des métaux précieux. Ce sont des engagementsdiversement formulés, par lesquels on s’oblige àdélivrer desquantités parfaitement déterminées d’or ou d’argent, à unmoment convenu. Voilà ce qu’on peut, à bon droit, appelerdes signes. Je n’exposerai pas, quant à présent, par quelsexpédients les règlements de compte s’effectuent, sans qu’ily ait, au moment fixé, l’apport de rien de plus qu’une frac-tion, souvent extrêmement petite, de la quantité totale d’orou d’argent qui a été stipulée par l’ensemble des parties con-tractantes ; c’est encore une question qui nous occuperaplus loin. Il suffit de dire ici que ces signes ne sont accep-tables et acceptés, à moins de circonstances exceptionnelleset essentiellement passagères, que parce qu’on est certainqti’il y a, par derrière, des réserves d’or ou d’argent quiservent à solder la balance des comptes, toute compensa-tion faite, et où chacun a la faculté de puiser, si tel est sondésir, jusques à concurrence des signes qu’il a entre lesmains. Supprimez la monnaie, c’est-à-dire l’or et l’argent,,aussitôt les signes sont illusoires, tout au moins incertains,et le système devient ce que deviennent un navire sanslest, un édifice sans do bonnes fondations.
En un mot, il peut y avoir des signes qui prennent, jus-ques à un certain point, ou, pour mieux parler, pendantun certain temps, la place do cette matière utile , commeparle Aristote, à la fois mesure et équivalent, comme a ditCh. Harris, et comme vingt ou cent autres auteurs l’ont ré-pété, qui est la monnaie, qui seule l’est. Non-seulementc’est permis, mais c’est fort désirable. Il n’en reste pasmoins vrai que la matière utile , l’objet mesure et équivalentest indispensable à côté des signes, atin que la représenta-tion soit bien réelle et puisse être sans cesse contrôlée.