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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
dation des billets de banque par rapport à l’or fut com-plète. Cependant le parlement y donna entièrement rai-son en adoptant une résolution qui restera comme unmémorable exemple du sophisme se plaçant impudem-ment sur le pavois, et des expédients misérables auxquelsse prêtent les assemblées politiques, lorsqu’elles sont ous’imaginent être en face de la nécessité (1). Il est resté decetteépoque, dans les idées du public anglais, même éclairé,un trouble regrettable au sujet des banques.
Un homme d’État qui a contribué plus que personneà restaurer, après la paix de 1815, le système monétairede la Grande-Bretagne, sir Robert Peel, a lui-même, àl’occasion de la loi de 1844 sur la Banque, donné l’appuide son autorité à une définition de la monnaie qui yferait rentrer le billet de banque. Cette définition estsortie d’une école de publicistes qui ont, sur les banques,des opinions particulières que la plupart des hommes quifont autorité dans la science économique ont refusé d’ad-mettre. Les conséquences que cette école tire de sa défi-nition s’étendraient fort loin.
Si les billets de banque sont reconnus pour de la mon-naie dans le sens strict du mot, la monnaie est un signe.Ici, la distance entre le signe et l’objet représenté est fortpetite, car communément on n’a qu’à aller à la Banquepour se procurer de l’or en échange des billets. Ce n’estpas assez cependant pour que l’on en fasse abstraction etquel’on consacre l’assimilation. Ce n’est d’ailleurs qu’une
(1) Sur la proposition de M. Vansittart, le parlement, dans sa séancedu 11 mai 18H, à la majorité de 151 contre 75, adopta une résolutionconçue en ces termes: « Les billets de la Banque d’Angleterre ont étéjusqu’ici et sont encore au pair avec les espèces monnayées du royaume. »Jamais contre-vérité ne fut plus insigne.
On sait que ce qu’on nomme résolution, dans le style parlementaire dela race anglo-saxonne, a beaucoup d’analogie avec ce qui s’appelait, dansles chambres françaises, un ordre du jour motivé.