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LA MONNAIE. SECTION II, CHAPITRE III.
règle générale qui comporte des exceptions éclatantes, carla Banque de France, la Banque d’Angleterre et plus en-core les Banques, môme principales, des autres États ont,à plusieurs reprises dans le cours de leur existence, sus-pendu le remboursement de leurs billets en espèces. LaBanque de France, qui a eu moins d'aventures que lesautres, a cependant passé trois fois par cette pénibleépreuve : en 1805, en 1814 et en 1848. Entre un billet debanque remboursable à vue et des espèces, il y a, dansl’état accoutumé des choses, des rapports fort étroits, maisil n’y a pas identité, et si l’identité était admise en prin-cipe, ce serait par l’effet d’une confusion funeste.
Les personnes qui veulent que le billet de banque soitde la monnaie, n’ont jamais pu tracer une ligne de dé-marcation qui fût nette entre le billet de banque et lalettre-de-change ou le billet à ordre. Si l’on dit que le bil-let de banque passe de main en main sans endossement,on peut répondre que les leltres-de-change en blanc sontdans le même cas. Si l’on allègue qu’il circule sans aucunexamen, sauf le cas où le public aurait été averti d’une fal-sification, la réponse est que les choses ne se passent pasainsi toujours, ni pour tous les billets de banque, car as-*-su rément on prend la peine de regarder aux billets degrosses sommes qui, dans les pays où il y a beaucoup debanques, en Angleterre et en Amérique, ont cours parmiles commerçants ou servent à certaines transactions spé-ciales. C’est tout au plus à l’égard des petits billets qu’ona contracté l’habitude de cette excessive sécurité. Si l’onprétendait, comme on l’a fait, que la lettre-de-change al’inconvénient de ne valoir son montant en espèces quedans un lieu déterminé, la réplique serait qu’il en estabsolument de même du billet de banque. Quant au carac-tère qui a été indiqué quelquefois, que le billet de banqueétait en sommes rondes, il ne mérite pas qu’on s’y arrête.