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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION II, CHAPITRE 111.

émane; et voilà précisément pourquoi, tant que la ban-que n’aura pas suspendu le remboursement de ses billetsen espèces, le créancier qui aura reçu des billets de ban-que en payement sera et devra être réputé soldé, toutcomme celui qui aurait reçu des leltres-de-change et qui,les ayant gardées en portefeuille jusqu’au moment de l’é-chéance, en aurait alors eu la valeur en espèces. Mais si,après avoir été payé en billets de banque, je ne juge pointà propos d’aller en requérir le remboursement en espèces«à la banque, et que, quelques jours après, la banquesus-pende ses payements, les tribunaux, dans leur impar-tiale équité, me refuseront tout recours contre le débiteur. qui m’avait remis les billets, parce qu’ils en décideraientde même envers tout créancier qui, payé en letlres-de-change, attendrait pour les présenter que le jour del’échéance fût passé, et que le signataire eût été déclaré enfaillite, postérieurement à ce jour. Au contraire, si je mesuis laissé payer en billets de banque aujourd’hui et qu’ilsoit établi que, dès hier, la banque avait cessé de rem-bourser ses billets en espèces, les tribunaux m’accorderontun recours contre mon débiteur, tout comme ils déclare-raient que je ne suis pas soldé, si celui-ci m’eût donné deslettres-de-change auxquelles, l’échéance venue, il n’eûtpas été fait honneur.

La similitude entre le billet de banque et la lettre-de-change demeure donc intacte.

Mais, entre le billet de banque et la monnaie, il y a desdifférences profondes que, en 1810, Iluskisson avaitmises en relief de la manière suivante :

« 11 est de l’essence de la monnaie d’avoir une valeurintrinsèque : le billet de banque est évidemment dépour-vu d’une valeur intrinsèque.

«Une promesse de payer (promissory note), quelle qu'ensoit la forme, et de quelque part qu’elle soit émanée,