62 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
représente une valeur. Elle n’a ce caractère qu’autantqu’elle implique la volonté positive de payer en mon-naie (1) la somme qu’elle exprime.
« La monnaie en espèces métalliques est (par elle-même) une fraction du capital du pays. Le billet de ban-que n’est pas (par lui-même) du capital ; c’est du créditmis en circulation.
« Celui qui achète donne, et celui qui vend reçoit unecertaine quantité d’or et d’argent qui est l’équivalent del’article acheté ou vendu : s’il donne ou reçoit du papier enplace de monnaie, la chose donnée ou reçue n’a de valeurque parce quelle stipule le payement d’une quantité dé-terminée d’or ou d'argent. Aussi longtemps que cet en-gagement est ponctuellement observé, le papier circuleparallèlement à la monnaie contre laquelle il est constam-ment échangeable. La monnaie et le papier qui promet dela monnaie sont, l’une et l’autre, une commune mesuredans le commerce, et expriment tous deux la valeur detous les produits ; mais seule, la monnaie est l ’équivalentuniversel ; à cet égard, le billet de banque ne fait que re-présenter la monnaie (2). »
Tout ce qu’on est fondé à dire pour distinguer le billetde banque des autres promesses de payer, se réduit il cestermes assez vagues que, en général, il circule beaucoupplus facilement parmi le public non commerçant. Et encore,cette facilité de circulation est-elle de l’essence même dubillet de banque ? Non. Le billet de banque est une pro-messe qui, communément, se fait mieux accepter, parceque 1 établissement d’où elle émane a une solvabilité plusnotoire, et que la promesse même porte des signes quipermettent d en reconnaître plus promptement et plus
(1) Si le porteur l’exige est sous-entendu.
(2) Huskisson, 1810. The question concerning lhe dépréciation of ourcurrency stated and examined, pages 1 et 2.