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LA MONNAIE. SECTION II, CHAPITRE III.
sûrement l’origine. Mais, d’une part, il n’est pas vraiqu’un billet de banque passe tout à fait comme des espè-ces. Que ceux qui le croiraient en aillent faire l’expériencedans les montagnes de l’Auvergne, ou même aux portesde Paris, dans les plaines de la Beauce. Et puis, il y a billetde banque et billet de banque ; tous ne jouissent pas de lamême faveur. Entin, si la maison Rothschild ou la mai-son Baring mettaient en circulation leurs acceptations sousune forme propre à en garantir l’authenticité, à Paris ouà Londres, est-ce que le public ne les prendrait pas de pré-férence aux billets de certaines banques? On sait qu’en An-gleterre de simples commerçants (lesprivate bankers) émet-tent des billets comme la Banque d’Angleterre. A unecertaine époque peu éloignée de nous, l’usage était venu,dans quelques comtés de l’Angleterre, en Lancashireparticulièrement, de prendre et de donner des letlres-de-change en payement, même pour de petites sommes,quelques livres sterling ; on en faisait, pour ainsi dire,de toute grandeur, et les billets des banques locales neparvenaient aucunement à les supplanter (1).
Concluons : le billet de banque rentre dans la classedes papiers de crédit, des titres fiduciaires circulants. Iln’est accepté qu’en vertu d’un sentiment de confiance,tout comme un effet de commerce, un chèque ou une au-tre traite sur un banquier, une lettre-de-change sur uncommerçant. Il circule à la faveur du crédit que le publicfait il la banque. C’est avec raison que M. Storch l’appellebillet de confiance , et que les écrivains anglais le classentparmi les promissory notes ou promesses de payer.
Le billet de banque rentre dans la catégorie plus géné-rale encore des instruments de crédit. Je dis plus géné-rale, car celle-ci comprend, non-seulement les effets de
(I) Tooke, Ilisloryufprices, t. IV,passim,et An inquiry into the currencyprinciple, chap. VI.