U COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
commerce comme les lettres-de-change qui passent demain en main, mais aussi des engagements ou des pro-messes qui jouent un très-grand rôle, et qui restent en de-hors de la circulation. Tels sont les dépôts en comptecourant que ne représente, entre les mains du déposantni de personne, aucun titre propre à être lancé dans lepublic ; tel le crédit ouvert à un particulier, chez unbanquier, ou sur les livres d’une banque : la portion de cecrédit dont il ri’a pas été usé encore, et qui cependantfigure à l’actif de ce particulier, ne.se présente sous au-cune forme qui puisse circuler.
On a imaginé bien des titres pour exprimer la déléga-tion de parcelles plus ou moins fortes de tout ce qui com-pose le capital delà société. Le billet de banque est une desplus maniables de ces délégations, celle qui, par essence, estle plus spécialement destinée à circuler. Il est cela, mais iln’est que cela. La monnaie est plus qu’une délégation,elle est partie intégrante du capital même. Elle est d’unesubstance déterminée, dont la convenance commune a faitun instrument d’échange, acceptable en tous lieux, contreune parcelle proportionnée de tout le reste. Entre le billetde banque et la monnaie, l’intervalle est le même qu’en-tre promettre et tenir, et quelquefois, entre ces deux der-niers termes, la distance est la même qu’entre l’ombre etla substance.
La langue anglaise a un mot générique qui embrasse lamonnaie, le billet de banque, le papier-monnaie ou assi-gnat non convertible en espèces, le chèque et toute autreespèce de titres qu’on peut mettre dans la circulation etqu’accepte plus ou moins le commun des hommes : c’estle mot de currency. Notre langue n’en offre pas l’équiva-lent parfait. Cependant le terme de numéraire pourrait êtrepris dans le même sens, et je l’emploierai ainsi dans lasuite de cet écrit.