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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

pourrait noter des cas où, pendant que la valeur d’undes métaux précieux baisserait, son prix augmenterait;et il ne s’agit point ici de ces cas hypothétiques, imaginéspour l’agrément ou la variété des discussions de l’école;il s’agit au contraire d'un fait qui s’est présenté dansl’histoire sur de grandes proportions. Ainsi, depuis ladécouverte de l’Amérique, la valeur (je prends ici le mot,comme il convient, dans le sens général) du lingot d’or,ou de la monnaie de même métal, a diminué notable-ment, car de nos jours, une quantité déterminée d’or,en monnaie ou en lingots, s’échange contre une moindremasse de blé, de vin ou de toute autre denrée, ou contreun moindre nombre de journées de travail, et générale-ment de services humains. Cependant le prix de l’or, c’est-à-dire la valeur de l’or rapportée à l’unité monétaire qui,en France, est l’argent, a sensiblement augmenté. En nousexprimant ainsi, nous ne nous appuyons aucunement surcette circonstance que, les monnaies ayant été altérées,le poids de métal entrant dans l’unité monétaire étaitbien moindre sous Louis XYI qu’à la fin du quin-zième siècle, lorsque les Européens pénétrèrent dans leNouveau-Monde. De cet amoindrissement de l’unité mo-nétaire résulterait un enchérissement considérable pourun poids donné d’or, comme pour tout objet de com-merce ; mais un enchérissement pareil n’est que nomi-nal, et doit être écarté. Ce que je puis dire, sans crainted’être démenti par personne, c’est que, en supposantque les monnaies françaises n’eussent éprouvé aucunealtération, et que l’unité monétaire représentât, par lepoids et par le titre, la même quantité d’argent qu’il y atrois siècles et demi, le poids d’or qui se serait échangédu temps du grand navigateur génois contre dix ouonze fois un poids égal en argent, trouverait régulière-ment de nos jours à se troquer contre quinze ou seize