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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE II.

fois le même poids ; c’est-à-dire que le prix de l’ors’est élevé, de l’an 1492 jusqu’à ce jour, dans le rapportde 10 '/î à 15 ’/î, tandis que sa valeur descendait.

Lorsqu’on traite du prix des métaux précieux, il y alieu de distinguer entre les pièces de monnaie et leslingots. Il est nécessaire aussi d’indiquer l’espèce demonnaie à laquelle se rapporte le prix. S’il est questionde l’or, par exemple, on ne doit pas seulement dire sic’est des lingots ou des pièces de vingt francs que l’onparle; il convient pareillement d’indiquer si l’on supputele prix en monnaie d’argent ou en monnaie d’or. De ladiversité de ces circonstances peuvent résulter des prixdivers.

Dans l’hypothèse, plus que plausible aujourd’hui.,d’une monnaie bien faite, toutes les pièces d’or de mêmedénomination, qui n’ont que peu circulé, se valent lesunes les autres, et le prix, en espèces d’or de mille francsd’or monnayé, de cinquante pièces de vingt francs parexemple, ne peut être que de mille francs. Pour qu’ilen fût autrement, il faudrait un de ces cas qu’on nepeut guère raisonnablement supposer dans le monde desaffaires, tel que celui où, par l’effet d’un caprice, onvoudrait la livraison immédiate de pièces de vingt francsd’un millésime donné, ou sorties d’un atelier monétaireplutôt que de tel autre. Mais si, au lieu de pièces de vingtfrancs, on envisage des lingots, il sera facile de citer descas sérieusement possibles où ces lingots pourront, sui-vant la situation, valoir plus ou valoir moins que lespièces renfermant, poids pour poids et titre pour titre,la même quantité de métal. Le lingot vaudra plus, si,par l'effet de circonstances impérieuses ou supposéestelles, il y a une grande demande de lingots pour le mon-noyage, en présence d’une offre restreinte. Ce cas seprésente rarement; mais nous en avons été témoins