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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE II.

genre, plus fortement accusé encore, s’est présenté, il y apeu d’années, en Australie. C’était pendant la période quisuivit immédiatement la découverte des mines d’or. La co-lonie ne possédant alors aucun hôtel-des-monnaies, il fal-lait, pour convertir les lingots en espèces, les envoyer à Lon-dres, aux antipodes. Les espèces monnayées avaient, enrevenant, la môme distance à franchir, la môme perle detemps à subir. Il n’en fallait pas davantage pour que lespièces de monnaie gagnassent une prime énorme sur lelingot. Nous aurons lieu de revenir sur cet incident delàdécouverte des mines d’or en Australie.

Par contre, il serait possible d’indiquer de nouveauxcas où le lingot pourrait valoir plus que la monnaie,toujours dans l'hypothèse où celle-ci serait droite depoids et de titre. Supposons un pays dans lequel lamonnaie d’or, par exemple, abonderait et d’où ce mé-tal serait expédié vers d’autres contrées où la monnaiedu pays exportateur, au lieu d’avoir cours, aurait contreelle un préjugé, fondé ou non, ou bien les prescriptions dela loi qui lui refuserait le cours légal, et ce refus est le casgénéral. Il serait un peu plus avantageux, dans ces cir-constances, d’exporter des lingots, en ce que les espèces,pour atteindre leur destination, auraient à être, au préa-lable, converties en lingots; mais en pareil cas la différenceserait très-bornée, car elle ne pourrait excéder le montantdes frais de fusion qui sont très-faibles.

On peut aussi considérer comme parfaitement possiblele cas diamétralement opposé, c’est-à-dire celui où lamonnaie du pays exportateur jouirait, par l’effet d’un pré-jugé ou autrement, d’une faveur marquée dans d’autrescontrées. Le commerce alors trouverait de l’avantage àfaire sortir de ce pays les espèces monnayées de préfé-rence aux lingots; ce qui revient à dire que la mon-naie aurait une prime plus ou moins forte par rapport