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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE II.
frais de monnayage, 40 pièces de cinq francs droites depoids et de titre sont l’équivalent d’un kilogramme demétal, au titre de neuf dixièmes.
Rien n’est plus fréquent dans l’histoire que les exem-ples de différences de ce genre entre le prix des lingots oudes objets de métal précieux, et celui des espèces. Pourobserver ce phénomène dans toute sa pureté, si je puisparler ainsi, il faut consulter l’histoire de l’Angleterre,de préférence à celle des autres pays, parce que, hors del’Angleterre, les faits relatifs aux monnaies se sont pres-que toujours compliqués d’incidents nés de la falsificationdes monnaies opérée pour le compte de l’État. Il convientd’ajouter que la coupable industrie de la rognure sembleavoir été plus pratiquée en Angleterre qu’ailieurs , ce quirendait plus sensible la différence entre le cours du lingotet celui des espèces monnayées.
En Angleterre donc, l’abaissement de la valeur intrin-sèque des pièces, par le fait du passage de main en main,et par celui delà rognure, a été tel quelquefois, que lelingot répondant légalement à un certain nombre de piè-ces contenait un quart, un tiers, et même beaucoup plusde métal que celles-ci, telles que les offrait le courant dela circulation. L’un des grands soucis du législateur an-glais, il diverses époques, aété de triompher de ce mal quigênait singulièrement les transactions. L’un des plus re-marquables exemples qu’on en puisse citer s’est rencon-tré sous Guillaume III; le lingot d’argent gagnait uneprime très-forte : l'once d’argent, qui correspondait en cemoment à bschellings et 2 deniers, se vendait 7 schellingset plus, en monnaie courante; les pièces d’or, connuessous le nomdeguinées, passaient, dans les échanges, pourun nombre de pièces d’argent bien supérieur à ce quiaurait dû être et eût été, si la monnaie d’argent n’a-vait tant perdu de son poids : au lieu de valoir 21 schel-în. G