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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

lings environ, ce qui eût été le véritable pair, la guinéepassait pour 28 et même 30 schellings (1).

Jusqu’ici, dans le raisonnement relatif aux différencesde valeurs entre les lingots et les espèces monnayées, j’ailaissé à l’écart un fait qui s’est présenté trop souventdans l’histoire, et à la funeste influence duquel les Étatsles plus civilisés ne se sont soustraits que depuis assezpeu de temps ; je veux parler des restrictions abusivesqui pourraient être établies par la loi au sujet du com-merce des matières d’or et d’argent et des espèces mon-nayées (2).

On sait que les gouvernements principaux de l’Europe,ou pour mieux dire tous ceux des grandes monarchies,avaient porté des lois draconiennes qui furent en vigueurjusques et y compris le dix-huitième siècle, et même lecommencement du dix-neuvième, à l’effet de retenir dansle sein de chaque État les métaux précieux, soit monnayés,soit en lingots. La sanction donnée à la défense d’expor-tation était, dans tous les cas, la confiscation grossie d’uneamende, avec une peine corporelle, qui le plus souventétait la mort ; quelquefois cependant le législateur, mo-dérant ses emportements, se contentait des galères à per-

(!) Voir le Traité de lord Liverpoo), p. r>9, ou encore les Éléments d’É-conomie politique de M. Macleod, chap. vi. Ou lira aussi avec un grandintérêt sur ce sujet l’exposé de la situation monétaire de la Grande-Bre-tagne à cette époque, dans la belle Histoire d’Angleterre, de lord Macau-lay, chap. xxi.

(2) Ces restrictions n'ont été définitivement abolies en Angleterre quedepuis 1819, par la loi qui a ordonné la reprise du payement en espècespar la Banque. En France, le dernier vestige de ces mêmes mesures dis-paraît en 1810. 11 faut dire qu’en Angleterre l’abolition de ces lois res-trictives est irrévocable ; personne n'oserait élever la voix pour les réta-blir, tant elles excitent la réprobation de l’opinion publique. En France,elles ont encore des partisans haut placés, dont la prétention ne va àrien moins qu’à faire considérer comme étant encore en vigueur les loisde l'ancien régime qui consacraient ces extravagances.