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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE II.

pétuité avec la marque. On sait aussi que, malgré celincroyable luxe de sévérité, la transmission interna-tionale des métaux précieux n’a pas cessé de s’opérersur une vaste échelle, tant le bon sens des particuliers ré-sistait à ces fureurs tyranniques, et tant le besoin du com-merce était impérieux à cet égard. Ces lois si violentesn’étaient pourtant pas sans un certain effet, au sujet de lavaleur des matières qu’elles concernaient. Par exemple, enAngleterre, où, par une dérogation aux dispositions pro-hibitives généralement admises en Europe, la loi permet-tait, dans le dix-huitième siècle du moins, de faire libre-ment l’exportation des lingots, tandis qu’elle interdisaitcelle des pièces monnayées, et en défendait non moinssévèrement la fonte, il arrivait que, lorsqu’il devenait né-cessaire au commerce d’exporter une quantité inusitée demétaux précieux, les lingots acquéraient une valeur sen-siblement plus forte que les espèces monnayées, quelquecorrectes de poids et de titre que fussent celles-ci. Non pré-cisément que le commerce renonçât à exporter des espè-ces monnayées, mais l’avantage qu’il y avait à faire sortirdes lingots et la sécurité qu’offrait l’opération à celui quil’entreprenait établissaient, entre la valeur des monnaiespour l’exportation et celle du lingot, une notable diffé-rence à l’avantage de ce dernier. On pourrait dire que lelingot gagnait une prime, qui était l’équivalent du risquecouru dans l’exportation des espèces monnayées. M. Ful-larton, dans son volume On the régulation of currcncy (1),indique quel a été, dans diverses circonstances, le mon-tant de celte prime ou de ce risque. Dans plusieurs cas,ce fut de 5 à 5 1/2 pour cent; cet auteur mentionnemême une circonstance où ce fut de i3 ; ces écarts parais-sent n’avoir été que de très-courte durée. Le célèbre rap-

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