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La monnaie / par Michel Chevalier
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84
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84 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

port du Bullion committee de 1810(1), comprend les ren-seignements donnés par M. Fullarton.

On trouverait, dans l’histoire de France, des faits assezanalogues à ceux que nous venons de rapporter pour l’An-gleterre. En France, l’exportation des matières d’or etd'argent était traitée par la loi avec la môme rigueur impi-toyable qui frappait celle des espèces monnayées. Maispar l’effet des opérations de faux-monnayage auxquellesse livraient les rois, des écarts se manifestaient entre lavaleur du lingot et celle delà monnaie. La prétention dessouverains qui se laissaient aller à ces déplorables prati-ques était de faire passer, dans la circulation, un poids dé-terminé d’or ou d’argent pour une valeur très-supérieure kcelle qu’il possédait réellement. On voulait, par exemple,qu’une certaine somme d’argent renfermant une once demétal fin fût acceptée, dans les payements, comme si elleen avait pesé deux. L’effort du commerce était de résister àcette tentative arbitraire, et, quelles que fussent les combi-naisons imaginées par une autorité sans frein pour fairefléchir la volonté publique, cet effort réussissait toujoursdans une certaine mesure ; néanmoins, par l’effet desdispositions pénales insérées dans les édits des rois sur lamatière, il restait, pendant un temps plus ou moins long,quelque chose de l’écart que le prince avait voulu établir.La monnaie valait sensiblement plus que le lingot, poidspour poids, titre pour titre (2).

Il n’est pas rare aujourd’hui chez nous d’entendre direque l’or n’a rien perdu de sa valeur depuis la découvertedes mines de la Californie et de l’Australie, et d’en donner

(1) Report fromthe select cemmiltee on the high price of thegold bullion,

p. 4.

(2) Dans la suite de ce volume, nous aurons occasion de donner quel-ques renseignements sur ce régime monétaire et sur les violences qui lecaractérisaient.