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LA MONNAIE. SECTION III, CHAPITRE II.
pour preuve ce fait que, surle marché de Paris, les lingotsd’or se tiennent au pair, ou à peu près. Les personnes quiraisonnent de la sorte tombent dans une confusion dontun peu de réflexion les garantirait. Pour bien savoirsi l’or est enchéri ou s’il est déprécié, s’il gagne uneprime ou s’il en subit une, le moyen n’est pas d’en com-parer les lingots aux espèces monnayées qui peuvent enprovenir. Entre le lingot et les espèces droites de poids etde titre, ce n’est qu’accidentellement que la différence peuts’écarter de la limite déterminée par le montant des fraisde monnayage, y compris l’intérêt du capital pendant lepetit intervalle que prend la fabrication des monnaies.Une meilleure mesure, la seule bonne, de la hausse oude la baisse que peut éprouver la valeur de l’or, c’est leprix de ce métal en espèces d’argent, ou, ce qui revient aumême, le prix des matières d’argent en espèces d’or; etencore ici faut-il admettre qu’aucune cause perturbatricene soit venue apporter un changement à la valeur de cetautre métal.
Ainsi aujourd’hui la prime que gagne l’argent, et qui,depuis quelques années, varie le plus communément devingt à trente francs pour mille, donne la mesure exactede l’écart qui est survenu entre l’or et l’argent, puisquecelte prime indique l’excédant du prix de l’argent, pairapport au pair légal en pièces d’or. Sans doute on peutprétendre que dans cet écart, le total ne doit pas être at-tribué à la baisse de l’or, et qu’une partie provient de ceque l’argent aurait enchéri. Nous n’avons pas à faire icile départ entre ces deux causes. Je dois dire pourtantqu’il me paraît fort malaisé de l’indiquer par des chiffre^précis. Mais aussi il serait bien difficile de ne pas admettreque la baisse de l’or ait été la circonstance prépondérante.Au surplus, ce que j’ai voulu signaler en ce moment,c’est l’erreur à laquelle se laissent aller les personnes qui