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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE I.
extraits du sein de la terre, s’occupe du soin d’en retirerles métaux. Si donc les mines étaient toujours d’une égalerichesse, et si, d’ailleurs, le rapport entre l’offre et lademande était à l’abri de toute perturbation, on verrait leprix de revient d’un kilogramme d’or ou d’argent aller con-stamment en s’amoindrissant, à mesure qu’on descendraitle courant des siècles. Comme, à moins d’un changementsérieux dans le rapport entre l’offre et la demande, la va-leur d’une marchandise se conforme à peu près au prix derevient, il s’ensuit que la valeur de l’or et de l’argent sui-vrait sans cesse une marche décroissante.
De là une cause d’abaissement successif de la va-leur des métaux précieux. C’est pour le créancier undésavantage inévitable, pour le débiteur un profit assuré,du moment que les créances ou les dettes se stipulent, enor et en argent.
Indépendamment de cette circonstance, qui est défa-vorable aux créanciers et favorable aux débiteurs, il peuten survenir d’autres, et il s’en est présenté en effet, quiont affecté les transactions précédemment conclues dansles résultats qu’en attendaient les parties contractantes. Jeveux parler des découvertes de nouvelles mines, beaucoupplus abondantes que celles qui étaient exploitées au momentdu contrat. Ce genre d’événements, dont l’exploitationdes mines d’Amérique a offert le plus remarquableexemple, a eu cependant sa contre-partie dans l’histoire.Il est arrivé en effet qu’à une certaine époque, les miness’étant appauvries, ou, pour mieux dire, l’exploitation desmines ayant été suspendue à peu près complètement, l’oret l’argent enchérirent au contraire dans une forte propor-tion. On a vu alors se produire des conséquences diamé-tralement opposées à celles qu’a eues la découverte del’Amérique. Nous aurons lieu d’en parler plus tard.
Nous arrivons ainsi à cette conclusion, que l’or et l’ar-