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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA. MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE I.

qui en donne la rigoureuse mesure, sont exclusivementmatérielles. C’est une longueur, une surface, un volume,un poids ; c’est encore la chaleur, la lumière, l’électricité ;et déjà, pour ces derniers objets, le mesurage prend uncaractère hypothétique. La valeur est, au contraire, la ré-sultante d’une multitude de forces dont les principales, onvient de le voir, sont de l’ordre idéal ou de l’ordre moral.Toute valeur est un rapport déterminé par un ensemblede tendances multipliées, dont les unes se combinent etles autres se combattent, et dont la plupart échappent àtoute appréciation positive.

Il résulte déjà de ce qui précède que, dans l'offreou dans la demande, il ne faut pas se borner à envi-sager seulement les quantités absolues qui sont offertesou demandées; il faut aussi tenir compte des disposi-tions de l'acheteur et du vendeur qui sont en pré-sence, des circonstances dans lesquelles ils sont placésl’un et l’autre; et parmi ces dispositions et ces circon-stances, il en est, surtout en ce qui concerne le vendeur,plusieurs qui sont subordonnées aux frais de production.Ce sont môme celles qui, à la longue et en moyenne, finis-sent, dans la plupart des cas, par prévaloir sur les autreset pardéterminer les cours : 1 kilog. d’or vaut communé-ment 15 kilog. 1/2 d’argent, parce qu’il coûte 15 fois 1/2autant à produire. On remarquera que nous disons à lalongue et en moyenne ; transitoirement et sous l’influencede diverses causes, pour toutes les marchandises sansexception, les cours ont pu être, ont été et seront, tantôten dessus, tantôt en dessous des frais de production, etquelquefois même de beaucoup.

Les sentiments dont le vendeur ou l’acheteur peuventêtre animés, les idées fausses ou exactes qu’ils se formentsur l’avenir, l’inquiétude que peuvent éprouver, l’ache-teur sur la faculté qu’il aura de satisfaire ses besoins, le