96 COUHS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
vendeur sur l’écoulement de ses denrées, sont des mobilesquelquefois extrêmement puissants, qu’on doit toujoursranger dans les deux groupes de forces diverses dont lesrésultantes constituent, l’une l’offre, l’autre la demande.Ce sont des coefficients, très-variables selon les temps etles lieux et selon la nature des marchandises, qui modi-fient profondément la valeur, telle qu’elle se présenteraits’il y avait lieu de la déduire de la comparaison mathéma-tique entre la quantité offerte et la quantité demandée.L’offre et la demande, ainsi qu’on doit les considérer pourne pas se faire d’illusion, sont, pour parler la langue del’arithmétique, chacune le produit de deux facteurs, dontl’un est certainement la grandeur de la masse offerte oude la masse demandée, mais dont l’autre est subordonnéà un nombre variable de causes, non moins variables elles-mêmes dans leur puissance, et qui sont, les unes de l’or-dre moral, les autres de l’ordre idéal, quelques-unes del’ordre matériel. De même que le poids d’un corps dépendnon-seulement de son volume, niais de sa pesanteur spéci-fique, de même l’offre et la demande sont déterminées,chacune séparément, et par lagrandeur absolue de ce quiest offert ou demandé, et par diverses influences fort mo-biles elles-mêmes, dont l’ensemble compose ce que l’onpourrait appeler l’énergie spécifique de cette offre et decelte demande.
Dans le louable désir de se procurer une mesureexacte de la valeur, quelques personnes ont proposéde choisir le blé comme un terme absolu auquel onpouvait mieux qu’à la monnaie rapporter toute éva-luation ; d’autres ont recommandé le travail. Ainsi,selon ceux-ci, un hectolitre de blé, selon ceux-là, unejournée de travail serait l’étalon de la valeur, par ex-cellence. Je crois que la discussion générale qui précèdene laisse pas que d’ébranler ces propositions, surtout en